


Armes et munition de tirLégislation et réglementation (Jean-Marc HAAS-BECKER, Président de la Ligue Régionale de Tir d'Alsace, Mars 2008) Ces informations (soumises à évolution) sont données à titre indicatif et ne peuvent en aucun cas se substituer à la législation en vigueur (Le webmaster).IntroductionDepuis plus de 60 ans, la législation française repose sur un classement des armes par catégories. Ce concept originel a généré une construction législative et réglementaire très complexe, sans cesse détournée ou dépassée par le progrès technologique particulièrement dynamique en matière d'armes et de munitions ...
Toute la législation française des armes, des éléments d'armes et des munitions découle d'un texte vieux de plus de 60 ans : le décret-loi du 18 avril 1939 fixant le régime des matériels de guerre, armes et munitions. C'est le texte fondateur, maintes fois modifié, mais jamais aboli, régissant la fabrication, le commerce, l'acquisition et la détention, le stockage et le transport des armes, de leurs éléments et munitions. Ce texte introduit une classification des armes en 8 catégories que l'on peut réunir en deux groupes : 1er Groupe - Matériels de guerre1ère catégorie :Armes à feu et leurs munitions conçues pour ou destinées à la guerre terrestre, navale ou aérienne. 2ème catégorie :Matériels destinés à porter ou à utiliser au combat les armes à feu. 3ème catégorie :Matériels de protection contre les gazs de combats. La détention de ces armes est interdite, sauf autorisation sous certaines conditions. 2ème groupe - Armes et munitions non considérées comme matériels de guerre4ème catégorie :Armes à feu dites de défense et leurs munitions 5ème catégorie :Armes de chasse et leurs munitions 6ème catégorie :Armes blanches. 7ème catégorie :Arme de tir, de foire ou de salon et leurs munitions. 8ème catégorie :Armes et munitions historiques et de collection.
Il a fallu de nombreuses modifications législatives et réglementaires pour arriver à un texte récent qui donne une définition moderne et complète des armes : le décret n° 95-589 du 6 mai 1995. Au sens de ce décret, on entend par : Arme de poingUne arme qui se tient par une poignée pistolet et qui ne peut pas être épaulée. La longueur de référence d'une arme de poing se mesure d'une extrémité à l'autre dans le sens de la longueur. Arme d'épauleUne arme que l'on épaule pour tirer. La longueur de référence d'une arme d'épaule se mesure par la longueur de son canon. Arme automatique Une arme qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et peut, par une seule pression sur la détente, lâcher une rafale de plusieurs coup. Arme semi-automatique Une arme qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement, mais ne peut, par une seule pression sur la détente, lâcher plus d'un coup. Arme à répétition Une arme qui, après avoir tiré, est rechargé manuellement par introduction dans le canon d'une cartouche prélevée dans un magasin et amenée au canon à l'aide d'un mécanisme. Arme à un coup Une arme sans magasin qui est chargée avant chaque coup par introduction manuelle de la cartouche dans la chambre ou dans le logement prévu à cet effet à l'entrée du canon. Autres armes : Arme d'alarme; arme de starter; arme de signalisation. Les munitions :
Elément d'arme : Partie d'une arme essentielle à son fonctionnement. Elément de munition : Partie d'une munition telle que projectile, amorçe, douille. Armurier : Toute personne physique ou morale dont l'activité professionnelle consiste dans la fabrication, le commerce, la location, la réparation ou la transformation d'armes. 1ère catégorie : armes et munitions de guerreLe décret du 6 mai 1995 affine la classification catégorielle des armes, accessoires et munitions. Entrent notamment dans cette catégorie les armes suivantes :
2ème et 3ème catégorie2ème catégorie : matériels de transport au combat d'armes à feu.
3ème catégorie : matériels de protection contre les gaz
4ème catégorie : armes à feu dites de défense et leurs munitions dont l'acquisition et la détention sont soumises à autorisationEntrent dans cette catégorie :
5ème catégorie : armes de chasse et leurs munitionsLe décret du 16 mai 1995 a introduit l'obligation de déclarer en préfecture, via la gendarmerie ou le commissariat de police de son domicile, certaines armes classées en 5ème et en 7ème catégorie. Le délai limite de déclaration, fixé initialement au 8 mai 1996, a été prolongé jusqu'au 31 décembre 1996 par le décret n° 86-831 du 20 septembre 1996 pour les personnes titulaires d'une telle arme avant le 31/12/1996. Les ventes de telles armes ne peuvent plus être le fait que d'armuriers professionnels qui sont tenus de signaler les coordonnées de l'acquéreur à la préfecture, comme c'était déjà le cas des armes de 1ère et de 4ème catégorie. Dans cette catégorie, on distingue les armes dont l'acquisition et la détention ne sont pas soumises à déclaration et celles qui le sont. Armes non soumises à déclaration :
Armes soumises à déclaration :
6ème catégorie : les armes blanchesTous objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique : baïonnettes, sabres, poignards de combat, matraques, cannes à épée, arbalètes, fléaux japonais, étoiles de jet, coup de poing américains, lance-pierres de compétition, projecteur hypodermiques, aérosols incapacitants ou lacrymogènes. 7ème catégorie : armes de tir, de foire ou de salon et leurs munitionsLà aussi, comme le 5ème catégorie, on distingue les armes non soumises à déclaration et celles qui le sont en application du décret du 16 mai 1995. Armes non soumises à déclaration :
Armes soumises à déclaration :
NOTA : Les mineurs à partir de 9 ans, sous réserve d'avoir l'autorisation parentale et d'être titulaire de la licence de la FFTir, peuvent détenir des armes de 7ème catégorie. 8ème catégorie : armes et munitions historiques et de collection
Ces armes, leurs éléments et munitions sont en vente libre, sans aucune contrainte.
L'autorisation de détention ou de renouvellement d'une arme de 1ère ou de 4ème catégorie est soumise à avis préalable. Par arrêté du 7 septembre 1995, peuvent délivrer un tel avis, dont le modèle est fixé par voie réglementaire, les fédérations suivantes :
La délivrance de l'avis ne peut donner lieu ni à paiement ni à rémunération ni à participation aux frais de dossier. 1er échelon : la société de tir L'avis est donné après appréciation de l'assisuité du demandeur et de son comportement au regard de sa capacité à détenir et utiliser une arme en sécurité. Cette appréciation est faite par le Président de l'association, respectivement par son délégué. Le Président de la société doit signaler annuellement au Préfet les tireurs ne remplissant plus les conditions pour détenir une arme soumise à autorisation de détention. 2ème échelon : la ligue régionale de tir Une fois signé par le Président de la société de tir, l'avis doit être contresigné par le Président de la ligue régionale de tir. On joindra au dossier :
Le Président de la ligue suit systématiquement l'avis du Président de la société en ce qui concerne la pratique régulière du tir. L'avis préalable a une validité de 3 mois. Le demandeur doit :
NOTA :
Le tireur remplissant les conditions requises, peut détenir jusqu'à 12 armes de 1ère et de 4ème catégorie, dont au maximum 7 armes à percussion centrale, et dans ce cas les autres armes doivent être à percussion annulaire d'un calibre égal ou inférieur à 6 mm. Ces armes ne peuvent être utilisées que dans un stand de tir déclaré et ayant reçu l'agrément du ministère des sports. Les pistolets à 1 coup à percussion annulaire d'une longueur totale supérieure à 28 cm (pistolet de compétition dits “pistolets libres” n'entrent pas dans le décompte du total des armes pouvant être détenues. L'achat de munitions correspondant aux armes de 1ère et de 4ème catégorie détenues est limité à 1000 cartouches par an et par armes; il peut se renouveler chaque année une fois au moyen de la demande de reconstitution de stock de munition. L'autorisation de détention d'arme a une validité de 3 ans. Le renouvellement peut être à l'initiative de l'autorité compétente qui peut aussi regrouper les dates d'échéance de plusieurs autorisations. La demande de renouvellement doit se faire 3 mois avant l'expiration du terme, sinon l'arme concernée ne peut plus faire l'objet d'un renouvellement de détention. NOTA : La société de tir peut détenir, sur autorisation valable pendant 5 ans, des armes de 1ère et de 4ème catégorie, à raison d'une arme par tranche de 20 tireurs et dans la limite de 20 au total. Lesdites armes doivent être dans un coffre ou une armoire forte; les carabines doivent être sécurisées au moyen d'une chaîne passée dans les pontets et verouillée au deux extrémités. La licence FFTir vaut titre de transport légitime des armes, accompagnée de l'autorisation de détention. L'arme doit être transportée de manière à ne pas être immédiatement utilisable : malette de transport, arme déchargée, chargeur non engagé et non approvisionné etc. Le carnet de tirLa pratique régulière du tir sportif a été clairement définie par l'arrêté du 16 décembre 1998 relatif à l'instauration du carnet de tir obligatoire. Est réputé satisfaire à l'exigence de pratique régulière du tir sportif, le demandeur ou le détenteur d'arme de 1ère et de 4ème catégorie :
Chaque séance doit être inscrite dans le carnet de tir réglementaire vendu par la Société de Tir à un prix imposé. Le carnet doit être présenté à la réquisition de toute autorité de police, de gendarmerie, de douane. Le registre de tirL'inscription de la séance de tir contrôlée dans le carnet de tir doit coincider avec l'inscription dans le registre de tir réglementaire que doit tenir la société de tir. Le registre ne peut être ni un cahier, ni un listing informatique. Il doit s'agir obligatoirement du modèle réglementaire édité par la papeterie financière. Le registre de tir doit être présenté à la réquisition de toute autorité de police, de gendarmerie ou de douane.
Des dispositions récentes ont réglementées les conditions de délivrance de la licence de tir et de l'avis favorable :
La loi n° 2000-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieures (articles 80, 82 et 83) a encore durci les conditions d'acquisition et de détention d'armes : Article 80 : L'acquisition et la détention d'armes de 2ème et 3ème catégories sont interdites, sauf pour les besoins de la défense nationale. L'acquisition des armes de 5ème et 7ème catégories est subordonnée à la présentation d'un permis de chasser ou d'une licence FFTir et l'armurier est obligé de signaler les coordonnées de l'acheteur, comme pour les armes de 1ère et de 4ème catégories. L'acquisition et la détention des armes de 6ème et de 8ème catégories sont libres. Toute personne sollicitant la délivrance ou le renouvellement d'une autorisation d'acquisition ou de détention d'arme de 1ère et de 4ème catégorie ou souhaitant acquérir une arme de 5ème et de 7ème catégorie doit présenter un certificat médical attestant que son état de santé physique et psychique n'est pas incompatible avec la détention de ces matériels, armes et munitions. Si l'interessé suit ou a suivi des soins psychiatriques dans un service ou un établissement spécialisé, le certificat médical doit être établi par un psychiatre. Décret n° 2005-1463 du 23 novembre 2005 :
Pour des raisons d'ordre public, le préfet peut, dans un délai qu'il fixe, ordonner à tout détenteur d'une arme soumise à autorisation ou à déclaration de s'en dessaisir (vente, destruction, neutralisation ou remise à l'Etat, sans indemnisation). Lorsque l'intéressé n'a pas obtempéré, l'arme peut être saisie à son domicile par la force publique et par ordonnance du juge des libertés et de la détention et ceci de 6 à 22 h. Il est interdit aux personnes ayant fait l'objet d'une telle procédure d'acquérir ou de détenir des armes soumises au régime de l'autorisation ou de la détention, sauf si le préfet lève l'interdiction s'il apparaît que le comportement de l'intéressé ne nuit plus à l'ordre public et à la sécurité des personnes.
GUIDE JURIDIQUE DES ARMES REGLEMENTATION par Yves Prat, colonel de réserve et ancien vice-président de la FFTir Collection “guides juridiques” Editions Référence à jour fin octobre 1999 mise à jour de février 2001 |
| Législation des armes |
| © 2011 Tir Esp Toul |